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Après une bonne portion d’Açaï, mon équipe de cordée et moi-même partons en direction du Parque Lage, entrée de la forêt de Tijuca, la plus grande forêt urbaine au monde. Quelle drôle d’idée de se lever si tôt pour partir à l’ascension du Corcovado, et de grimper ses 700 mètres de dénivelé sous une chaleur tropicale me dis-je…  C’est que le Cristo Redentor n’attend pas, me répond-on ! Et le panorama sur la baie de Rio au lever du soleil donne tout son sens à « la cité merveilleuse » me promet-on…

Passé le moment où je regrette mes Caïpirinhas de la veille, je suis immédiatement saisi par la grandeur du décor naturel. Que la forêt est luxuriante ! Que je suis petit entouré de cette végétation aux formes énigmatiques.

Le soleil est là, bienveillant. En dessous, le bruit de la ville n’existe plus.  Et puis très vite, le dénivelé s’accroît. Il faut escalader des roches, s’agripper à des chaînes. Chacun se suit dans cette partie délicate de l’ascension. Entre nous, une simple chaîne métallique, si fine et légère, et pourtant si solide et rassurante. Désormais, nous ne formons plus qu’un face à la montagne. Ensemble, nous affrontons l’ascension pour notre plus grand plaisir.

Une heure trente après notre départ, la forêt se fait moins dense et le ciel laisse apparaître en ligne de mire la sculpture de 38 mètres de haut réalisée par le sculpteur français Paul Landowski et inaugurée en 1931 pour célébrer le centième anniversaire de l’Indépendance du Brésil.

 

 

Aux pieds du Christ et au sommet de Rio!

Sur 360 degrés, on voit tout : la baie de Guanabara et le pont qui l'enjambe, le stade Maracanã, le Centro (le quartier d'affaires), le Pain de Sucre, la plage de Copacabana, celle d'Ipanema, la Lagune Rodrigo de Freitas, le Jardin Botanique, d'innombrables favelas et la forêt tropicale de Tijuca.

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Et soudain, parmi la horde de touristes venus du monde entier, une silhouette, une chevelure, un visage, un regard, un sourire transparaissent. L’air parait plus léger, comme pour lui faciliter le balancement divin de sa démarche. Elle est là en toute beauté,  incarnation de "The Girl from Ipanema". Le paradigme de la Carioca à l'état brut : une fille bronzée, pleine de lumière et de grâce, avec un fond de mélancolie, le sentiment de ce qui passe, d'une beauté qui n'est pas seulement la sienne mais un don de la vie à partager…

Qui n’a jamais vu passer, ne serait-ce qu’une fois, sa "Garota de Ipanema", à Rio, à Paris ou à La Havane, ne sait pas ce qu’est le bonheur de vivre, ce moment où l’on se dit que, malgré tout, il vaut la peine de gravir sa propre montagne...

 

Petit conseil : mieux vaut se renseigner sur les conditions météorologiques avant de partir en excursion sur le "toit de Rio". Car il n'est pas rare que le Christ rédempteur disparaisse derrière les nuages !